Participation et parole de l'enfant : formes observées en accueil
Comment le droit d'expression de l'enfant se manifeste-t-il en pratique ?
Le droit d'expression de l'enfant ne concerne pas seulement les grandes décisions. Dans un accueil collectif, il se joue aussi dans des situations très ordinaires : choisir entre plusieurs activités, dire qu'un espace lui fait peur, signaler qu'un temps du quotidien ne lui convient pas, proposer une idée, raconter un problème, ou simplement expliquer ce qu'il a aimé et ce qu'il n'a pas compris. L'enjeu n'est pas de transformer l'accueil en assemblée permanente, mais de faire en sorte que l'enfant puisse être entendu sur ce qu'il vit réellement.
À retenir
- 1Le droit d'expression signifie que l'enfant peut donner son point de vue sur les questions qui le concernent.
- 2En accueil collectif, ce droit se traduit par des espaces de parole, de choix et de retour d'expérience.
- 3Être entendu ne signifie pas décider seul : l'adulte garde la responsabilité du cadre et des arbitrages.
- 4Les modalités d'expression doivent être adaptées à l'âge, au langage et à la situation de chaque enfant.
Le texte de référence
L'article 12 de la Convention internationale des droits de l'enfant pose un repère très simple : l'enfant capable de discernement a le droit d'exprimer librement son opinion sur toute question l'intéressant, et cette opinion doit être prise en considération en fonction de son âge et de sa maturité.
Éclairage juridique
Article 12 de la CIDE
Les Etats parties garantissent à l'enfant qui est capable de discernement le droit d'exprimer librement son opinion sur toute question l'intéressant, les opinions de l'enfant étant dûment prises en considération eu égard à son âge et à son degré de maturité.
Ce que cela veut dire ici
Dans un ACM, cela signifie que la parole de l'enfant a sa place dès lors qu'une décision, une règle ou une organisation a un effet sur ce qu'il vit.
Ce que cela change dans un accueil collectif
Le droit d'expression n'oblige pas à tout rendre négociable. En revanche, il invite à prévoir des moments et des outils où les enfants peuvent formuler un avis, une préférence, une difficulté ou une proposition.
Cela peut concerner :
- le choix entre plusieurs activités ;
- la façon d'organiser un espace ou un temps de jeu ;
- les règles de vie quand elles sont expliquées et reprises avec le groupe ;
- le retour sur une sortie, un séjour ou une activité ;
- l'expression d'un inconfort, d'une peur ou d'une difficulté.
Des outils simples peuvent suffire
Un accueil n'a pas besoin de dispositifs très lourds pour rendre ce droit vivant. Des temps de parole réguliers, un conseil d'enfants, une boîte à idées, un mur d'expression, des échanges de fin de journée ou de séjour, ou encore un choix réel entre plusieurs propositions peuvent déjà créer des espaces utiles.
Ce qui compte, c'est moins l'outil lui-même que la manière dont il est repris par les adultes. Une boîte à idées que personne n'ouvre ou un conseil où aucune suite n'est donnée ne font pas vivre le droit d'expression ; ils le vident de son sens.
L'enfant parle aussi autrement que par un avis formulé
Selon l'âge et les situations, l'expression de l'enfant ne passe pas uniquement par la parole. Un tout-petit montre souvent son point de vue par son corps, son refus, son retrait, son enthousiasme, ses déplacements ou son usage d'un espace. Un enfant non verbal, peu francophone ou en difficulté avec le langage a lui aussi un droit d'expression ; il appelle simplement des outils adaptés.
Dessins, pictogrammes, observation fine, jeux, petits groupes, reformulation individuelle : tout cela peut faire partie d'une vraie attention à la parole de l'enfant.
Être entendu ne veut pas dire tout décider
L'une des confusions les plus fréquentes consiste à croire que le droit d'expression donnerait aux enfants un pouvoir de décision complet. Ce n'est pas le cas. L'adulte reste responsable de la sécurité, du cadre, de l'équilibre du groupe, des contraintes matérielles et du projet de la structure.
Le droit d'expression change néanmoins la manière de décider. Il demande que les adultes entendent ce que les enfants vivent, expliquent leurs arbitrages et évitent les décisions qui tomberaient sur eux sans reprise, sans discussion et sans justification minimale.
Ce qui fragilise le plus ce droit
Plusieurs obstacles reviennent souvent : manque de temps, envie d'aller vite, peur de perdre le contrôle du groupe, outils trop formels, ou sélection implicite des seules paroles qui arrangent l'organisation. Le droit d'expression devient fragile dès que l'on pose une question sans être prêt à entendre la réponse, ou lorsque seules les paroles les plus à l'aise trouvent une place.
C'est pourquoi l'écoute doit être structurée : laisser des temps de parole accessibles à tous, reformuler, reprendre, expliquer ce qui est retenu et ce qui ne l'est pas.
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